Le 21 septembre dernier, une majorité parlementaire composée de l’Entente, de l’UDC et du MCG a approuvé une modification légale « temporaire ». Celle-ci permet l’ouverture des commerces trois dimanches par année jusqu’au 31.12.2020, sans que l’existence d’une convention collective de travail étendue pour le personnel ne soit nécessaire, comme contrairement à ce qu’exigeait le vote populaire du 27 novembre 2016. Face à ce mépris de la volonté populaire exprimée il y a à peine deux ans dans les urnes, les syndicats du canton de Genève et les partis de l’Alternative ont pris la décision de lancer un référendum.

Une mesure néfaste pour le personnel de vente…

Tout au long de l’année, la flexibilité horaire du personnel de vente est déjà largement mise à contribution : vendeurs et vendeuses peuvent déjà se voir répartir leurs heures de travail sur plus de 67 heures d’ouverture hebdomadaires. « Les horaires imprévisibles perturbent fortement l’organisation du personnel, lequel est majoritairement composé de femmes avec charge de famille » souligne Ilaria SERGI du syndicat SYNA. Selon Pablo GUSCETTI, secrétaire syndical à Unia : « Le personnel de vente ne s’oppose pas aux ouvertures dominicales, mais il requiert que des contreparties lui soient fournies avec notamment des plannings transmis 3 semaines à l’avance et des samedis de congé. » « Seule une convention collective de travail étendue peut garantir que des telles dispositions soient appliquées à tous les salarié-e-s de la branche. » complète Jésus GOMEZ du syndicat SIT.

…inefficace

Il se dit que trois ouvertures dominicales permettraient de lutter contre la concurrence des commerces établis de l’autre côté de la frontière. Des études ont pourtant démontré que les horaires n’étaient pas le moteur de ces déplacements de consommation. La population fait ses achats en France car les prix pratiqués y sont plus faibles. Selon une étude réalisée en 2017, Coop et Migros sont les détaillants qui dégagent les plus grandes marges brutes d’Europe. « Les vraies difficultés économiques sont concentrées chez les petits patrons du commerce de détail, or eux n’ont rien à gagner de ce changement légal puisqu’ils peuvent déjà servir leur clientèle le dimanche s’ils n’emploient pas de personnel ce jour-là. » indique Dominique TINGUELY des Verts.

…antidémocratique

Il y a deux ans, le parlement avait adopté un contre-projet à l’initiative Touche pas à mes dimanches. Celui-ci était le fruit d’un compromis qui souhaitait répondre aux demandes patronales d’extension d’horaires, tout en les conditionnant à l’établissement d’améliorations des conditions de travail du personnel. « Remettre cette question sur le tapis moins de deux ans après sa large approbation par la population est un véritable déni démocratique. Ceci a été rendu possible par le retournement du MCG, qui livre ainsi le personnel de vente à de la sous-enchère sociale » tonne Jocelyne HALLER d’Ensemble à Gauche.

…et inutile !

Trois ouvertures dominicales étaient déjà possibles. Si elles n’ont jamais vu le jour, c’est uniquement parce que les représentants patronaux ont préféré aller chercher un syndicat national qui n’a pas de membres dans la branche à Genève, la SEC, plutôt que de poursuivre le dialogue avec les syndicats signataires de la dernière convention. « La modification légale votée est néfaste pour le partenariat social, alors que le contre-projet visait justement à lui donner un coup de pouce. Pour preuve, le dernier partenaire qui acceptait encore de dialoguer avec les associations patronales a annoncé qu’il retirait sa signature après avoir pris connaissance de ce changement de loi » conclut Romain de SAINTE-MARIE du Parti socialiste genevois. PS:

Pour contact :

Ilaria SERGI : Syna (078 961 12 35)
Pablo Guscetti : Unia (079 810 66 02)
Jésus Gomez : SIT (022 818 03 37)
Dominique Tinguely : les Verts (076 205 50 01)
Jocelyne Haller : Ensemble à Gauche (076 382 01 82)
Romain de Sainte-Marie : Parti socialiste genevois (079 395 23 85)
Thomas Bruchez Jeunesse socialiste (078 620 91 95)

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